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Piscine béton qui remonte à la vidange : pourquoi, et comment l’éviter
Un bassin vide peut être soulevé par l’eau du sol, même en béton. Ce qui se passe, les dispositifs qui protègent, et les saisons où il ne faut pas vider.
On imagine une piscine en béton immobile, posée pour toujours. Pourtant, une fois vide, elle peut se soulever de quelques centimètres, parfois davantage, et ne jamais revenir à sa place. Ce n’est pas fréquent, mais cela arrive surtout au moment où l’on s’y attend le moins : pendant une vidange.
Ce qui pousse le bassin vers le haut
Sous et autour de certains bassins circule une nappe d’eau souterraine : de l’eau qui imbibe le sol, plus ou moins haut selon la saison et la pluie. Cette eau pousse la coque vers le haut, comme elle pousse un bateau.
Bassin plein, le poids de l’eau à l’intérieur compense largement. Bassin vide, il ne reste que le poids du béton. Si la poussée de la nappe est plus forte, la coque se soulève.
Plein, le bassin tient par son propre poids d’eau. Vide, il ne tient plus que par celui du béton.
Les dégâts ne s’arrêtent pas au soulèvement. Les canalisations enterrées s’arrachent, le radier (la dalle du fond) et les parois se fissurent, les plages se décalent. Et un bassin remonté redescend rarement de lui-même à son niveau d’origine.
Les terrains à risque
- Un terrain en fond de vallée, près d’un cours d’eau ou d’un étang.
- Un sol argileux, qui garde l’eau au lieu de la laisser filer.
- Un terrain en pente qui recueille le ruissellement du haut.
- Toute période qui suit de fortes pluies, même sur un terrain habituellement sec.
Les dispositifs qui protègent
Deux équipements réduisent le risque, s’ils ont été prévus à la construction :
- Le puits de décompression : un tube vertical installé à côté du bassin, qui descend sous le niveau du radier. Il permet de voir à quelle hauteur se trouve la nappe et, avec une pompe, de la faire baisser avant et pendant une vidange.
- La soupape hydrostatique : un clapet placé dans la bonde de fond. Si la nappe pousse, il s’ouvre et laisse entrer l’eau du sol dans le bassin, ce qui fait tomber la pression. Il faut qu’elle soit en état : une soupape bloquée ne protège de rien.
Ces dispositifs s’installent pendant le terrassement, avec le drainage. Sur un bassin existant, on ne les rajoute pas sans travaux lourds. Si vous ne savez pas s’ils existent, les plans de construction ou le constructeur peuvent vous le dire.
Avant de vider : les bonnes questions
- Faut-il vraiment vider ? Une eau verte se rattrape presque toujours, et beaucoup de réparations se font bassin plein. Voir vider sa piscine : où rejeter l’eau, et a-t-on le droit.
- À quelle saison ? Évitez les périodes où la nappe est haute : après un épisode pluvieux, en hiver et au printemps dans la plupart des régions. La fin de l’été est souvent plus sûre, sans être une garantie.
- Combien de temps ? Le moins possible. Un bassin vide pendant des semaines prend un risque à chaque averse.
Un professionnel qui prépare une vidange contrôle le niveau de la nappe dans le puits, vérifie la soupape, pompe si nécessaire, et prévoit de remettre en eau dès les travaux finis. Sans puits ni soupape sur un terrain humide, il peut conseiller de ne pas vider du tout, ou seulement en partie.
Si votre bassin a déjà bougé — plages décalées, fissures neuves, pièces à sceller qui fuient —, faites examiner la structure avant de le remplir : remis en eau, un bassin fissuré peut fuir par des endroits qu’on ne verra plus.
À retenir
- Vide, un bassin en béton peut être soulevé par l’eau du sol.
- Ne videz qu’en cas de nécessité, en période sèche, et pour le temps le plus court.
- Puits de décompression ou soupape hydrostatique : vérifiez qu’ils existent et fonctionnent.
- Sur un terrain humide sans ces dispositifs, faites décider la vidange par un professionnel.